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« L’adolescent.e et sa famille au coeur des évolutions sociétales »17ème Congrès Vents d’Ouest – Pégase Processus, Saint Malo, 27 et 28 novembre 2025

  • vlrserres
  • 6 janv.
  • 5 min de lecture


Les Bataclowns - Saint Malo - Novembre 2025
Les Bataclowns - Saint Malo - Novembre 2025

Partage de quelques « pépites » glanées lors de ce bel évènement :


La question de Jocelyn LACHANCE «  Est-ce que nous nous invalidons collectivement sur notre capacité à répondre à des jeunes qui ne vont pas bien ? » ouvre les échanges autour des réseaux sociaux. S’ils offrent la possibilité aux jeunes de mettre en scène différentes facettes d’eux-mêmes, d’avoir de la reconnaissance (regard de l’autre attendu à chaque scène), se posent les questions suivantes : quels sont ces regards ? Que n’ont-ils pas trouvé dans les regards physiques ?

Regard sur soi-même qui peut permettre de conjurer l’angoisse liée à la rencontre – Possibilité d’avoir des relations d’exception, partage de contenus à risque qui « fait se sentir grand » - Audience imaginée, sentiment d’être vu par tous ses amis (Dana Bowl) – Disponibilité et accessibilité de l’information et des échanges avec l’IA qui peut répondre sur tous les thèmes y compris ceux qui dérangent émotionnellement les amis, la famille (ex : la mort).

Alors, en posant l’interdiction de l’accès à ces réseaux, il est nécessaire de s’interroger sur leurs fonctions positives qui disparaîtront en même temps que le négatif : questions identitaires et gestion du stress (ex : pouvoir réguler les émotions dans les interactions, avant un examen…). Où vont-elles se retrouver ? Se déplacer ?


Ellen BALES nous fait ensuite voyager dans l’évolution de notre cerveau « pas fini de construire » à la naissance, en cours de myélinisation jusqu’à 25 ans et qui traverse 2 grandes périodes de plasticité cérébrale, 0-6ans puis 12-25 ans. Cette myélinisation améliore la transmission de l’information et s’étend progressivement, irrégulièrement, du cervelet/tronc cérébral (fonctions vitales – survie) aux aires limbiques (émotions – mémoire) pour finir par le cortex préfrontal (raisonnement – organisation). Ainsi, à l’adolescence, nous pouvons nous retrouver avec des réactions émotionnelles intenses et un système de régulation pas encore fonctionnel « le pied sur l’accélérateur et le frein pas au point ». En attendant, les adultes jouent le rôle de ce cortex pré-frontal : questionner sur le « comment » plutôt qu’interpeller sur le « pourquoi » et aider à calmer l’amygdale (écouter – accueillir les émotions qui vont permettre la synchronisation). Il s’agit de passer progressivement du monde réactif au monde réflexif.

Dans cette période le regard des autres est crucial. Les aires sociales sont hyperactives pour détecter les signes non verbaux (expressions, attitudes…). On observe une grande sensibilité à l’appartenance ou au rejet (besoin de survie) ; le sentiment d’exclusion est comme une douleur physique pour le cerveau qui nécessite du soutien. Aussi une simple voix autoritaire peut donner moins envie de réaliser ce qui est demandé voire engendrer une rébellion. Dans le même esprit, susceptibilité et impulsivité seraient la résultante d’un circuit de la récompense bien difficile à dompter dans cette période : résister, prendre une décision n’est pas facile tandis qu’une décharge de dopamine élevée rend le plaisir plus fort.


Voilà alors Ben FURMAN qui nous interpelle avec sa question « La thérapie avec les ados peut-elle être amusante ? » et sa méthode en 15 étapes autour d’habiletés à acquérir, à améliorer pour être heureux et avoir du succès (plutôt que de résoudre des difficultés).

L’habileté à acquérir est définie dans un consensus parents/enfant – On peut utiliser une « machine à bouger dans le temps » : « comment tu aimerais que ce soit demain ? » - On parle de changer sa réputation plutôt que de se changer soi (ils décident de là où ils peuvent faire des progrès/nous les soutenons).

Un nom lui est donné.

Des supporters sont nommés « Qui peut t’aider ? » « Qui appartient à ton fan club ? » « Que veux-tu qu’ils te disent quand tu oublieras ton habileté ? » « Ou bien veux-tu qu’ils te fassent un signe ? Ou encore qu’ils te montrent d’autres solutions ? Ou qu’ils te disent quand tu fais bien les choses ? » - Il s’agit de donner « plus de chances au plan » – Les amis, qui peuvent aussi être invités en visio, pourront parler des qualités et forces du jeune.

Une fête/célébration est planifiée, l’occasion aussi de remercier les supporters « comment tu aimerais célébrer si tu réussis ? » (nous célébrons les succès – ils nous remercient et nous leur proposons d’être un supporter pour d’autres ex : écrire une lettre, participer à une réunion…) - il s’agit d’un évènement social (applaudissement, déco, attentions… parfois cadeau mais tout petit)

La réussite entraîne l’envie d’aller vers une autre habileté.


C’est Olivier PHAN qui entame la 2ème journée avec « l’intérêt d’inclure les parents dans la prise en charge des addictions » en commençant par leur expliquer la mécanique, le potentiel accrocheur des jeux (multijoueur - gratuit – récompense – frustration – pour continuer, il faut payer) pour qu’ils adaptent leurs attitudes et l’importance de continuer à manifester leur lien (ex : si tu consommes, restes en vie). Les consommations excessives trouvent en effet souvent leur origine dans des troubles de l’attachement (polyconsommateurs) et nécessitent une base sécure.

En thérapie familiale « Comment réussir à ne plus s’emmerder mutuellement ? » peut être un objectif commun. Une présence des parents par visio peut aussi permettre de rendre plus vivable des hospitalisations longues. En parallèle, Olivier Phan propose une construction en 3 étapes avec les parents : Alliance à travers leurs intentions positives, en soulignant les aspects positifs des adolescents – Demande de changement – Consolidation. Lorsque des effets positifs se feront sentir, il faudra également les soutenir (stress de la rechute), les rassurer et les aider à développer des alternatives « plaisir » pour leur jeune (cuisine, sport, reprise des repas familiaux…) puis des ouvertures d’insertion sociale. Donc, en plus de soigner le trauma (TCC, EMDR…), il s’agit de communiquer dans le présent, recréer du lien et préparer l’avenir.


Grégoire NYSSENS enchaîne sur une prise en charge institutionnelle basée sur la vie quotidienne où parents et professionnels collaborent pour redonner confiance en l’adulte, sans clivage - où il est possible d’exprimer des points de vue différenciés, sans rupture. Accueils et séparations sont accompagnés et progressives. Activité comme unité pour construire son identité, raconter ce qu’elle nous a appris et se projeter dans le futur. Question d’autorité participative et de la porosité des frontières (ce qu’on retient pour Soi, ce qu’on ouvre aux autres).

Souvent les adolescents prennent la culpabilité de l’arrivée en institution sur leurs épaules, pour soulager les parents. Si nous continuons à associer comportement et retour en famille, nous confirmons cette croyance. Si les parents peuvent dire « on n’a pas pu faire autrement », c’est réparateur. Si les professionnels peuvent accueillir les passages à l’acte comme le besoin « de ne plus subir », cela place l’adolescent comme acteur d’un script créatif avec ses compétences et ses fragilités. C’est une démarche d’équipe avec passage de relais et en prenant la vie quotidienne comme outil thérapeutique.

Travail sur :

- les transitions : accordement progressif (réveil) – préparation au désaccordement (sommeil)

- complémentarité et symétrie : permettre à l’enfant de donner/apprendre à l’adulte – permettre le désaccord

- l’appartenance et la différenciation : intégration des expériences


C’est sur l’intervention de Vincent PATIGNIEZ que je terminerais. Il nous invite à considérer ce que « l’évidence hétérosexuelle » peut produire comme violence notamment dans les réseaux sociaux, provoquant des pertes de liens en plus souvent de difficultés familiales. Homophobie, invisibilisation, vulnérabilité produites par le « Cistème ». Difficulté à mettre en place une éducation sexuelle dans les écoles malgré les directives de 2021 (panique – suppression d’ouvrages). Violences sociales et médicales graves des personnes intersexes, soit 1,7 % de la population.

Mieux comprendre pour mieux accompagner la question du genre et de la sexualité ; c’est au vocabulaire qu’il nous donne accès ce vendredi en préconisant l’absence de présupposition du genre dans nos échanges pour garantir le respect.


Un grand merci à tous.tes pour ces riches interventions et aussi aux BATACLOWNS qui ont su ponctuer ces deux journées avec beaucoup de pertinence et d’humour… On a rit à en pleurer !!!

 
 
 

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Valérie SERRES

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